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NILDO VIANA ET GEORGES SOREL

Article mis en ligne le 29 mars 2026

par Eric Vilain

Jʼavais lu les “Réflexions sur la violence” il y a fort longtemps et je nʼy avais vu à lʼépoque quʼune sorte dʼexercice de style. Jʼai relu le livre à la lumière de ce que dit Viana sur Sorel en tant que “principal représentant intellectuel du syndicalisme révolutionnaire” et jʼavoue que je ne suis pas convaincu.

Les “Réflexions sur la violence” me semblent être pour le syndicalisme révolutionnaire ce que LʼUnique et sa propriété est pour lʼanarchisme : le second nʼa rien dʼanarchiste, le premier nʼa rien de syndicaliste révolutionnaire. Sorel a écrit son livre parce quʼil sʼest intéressé à ce moment-là à la violence : il estimait que cʼétait la violence qui définissait le syndicalisme révolutionnaire et que la grève générale se définissait à son tour par la violence.

Il voulait montrer que la violence était un fait ordinaire, banal dans lʼhistoire, ce qui nʼest pas précisément un scoop, et que la grève générale, expression de la violence ouvrière, ne fait que sʼinscrire dans lʼhistoire violente de lʼhumanité. Or on verra que pour Fernand Pelloutier, que Sorel connaissait bien, semble-t-il, la grève générale était au contraire un moyen de limiter la violence dans la révolution, cʼest-à-dire quʼil se place dans une perspective absolument opposée à celle de Sorel.

Chez Sorel, la grève générale nʼapparaît pas comme un acte ayant une réalité concrète mais comme un mythe, une fiction dont la vraisemblance n’a pas dʼimportance pratique. Quand on se place sur le terrain des mythes, dit Sorel, “on est à l’abri de toute réfutation”.