|
Voyager dans les rubriques
Idées
Auteurs
Histoire
Philosophie, économie, religions
Dans le monde
Débats
Brèves
English, Português, Castellano, Italiano, Farsi
|
SUR LA NATION ET LE NATIONALISME (1992)
Contribution à un débat paru dans le ”Monde Libertaire” pendant le conflit en Yougoslavie.
Article mis en ligne le 31 mai 2026
par Eric Vilain
Les textes qui suivent ont été écrits lors de la publication par le Monde libertaire d’articles d’un camarade de Saint- Etienne et d’un camarade de Lyon.
Mon intention n’est pas tant d’exprimer mon désaccord de fond, que mon désaccord sur sa méthode d’approche de la question. Sur le fond, je suis d’accord que le nationalisme est une lèpre qui a malheureusement trop souvent frappé le mouvement ouvrier, et qu’il faut le combattre.
Simplement, je ne pense pas que ce soit en niant les faits qu’on peut contribuer à résoudre le problème. J’ai voulu aussi marquer mon désaccord avec des affirmations avancées qui me semblent contraires à la réalité, Comme par exemple que c’est le développement du capitalisme qui a créé les nations. C’est là une approximation qui me paraît hasardeuse, qui relève plus de l’idéologie que du travail sérieux.
Je ne pense pas non plus que c’est en faisant l’amalgame entre deux concepts voisins mais pas équivalents qu’on pourra mieux comprendre la situation : Comme par exemple nation et nationalisme. Le premier relève de la constatation d’un fait, le second de l’idéologie.
Ma référence, dans la question nationale, c’est l’internationalisme prolétarien. De vieilles références syndicalistes, en somme. Le terme prolétarien peut aujourd’hui faire sourire : tant pis. Disons qu’il désigne ceux qui produisent les richesses et qui n’en bénéficient pas ou peu.
Il désigne aussi ceux qu’on écarte du droit de produire, de gagner leur vie : chômeurs, paysans expulsés. Il désigne ceux qui n’ont aucun pouvoir. Il désigne enfin ces millions d’hommes qu’on a envoyés sur tous les fronts s’entre-tuer alors qu’ils n’avaient aucune raison de le faire, ces millions de femmes, d’enfants, qui meurent pour la raison d’État ou pour les parts de marché que se disputent les multinationales. Autrement dit, les damnés de la terre, qui sont légion, contrairement à ce que certains veulent faire croire, et dont le nombre va croissant.
|